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Confinement et violences conjugales : « Il n’est pas interdit de fuir »

Mis à jour : avr. 14

Le confinement adopté partout dans le monde face à l’épidémie du Covid- 19 inquiète les associations. Augmente-t-il les violences ? Comment réagir face au danger en temps de confinement ? Women Safe&Children fait le point et vous prodigue quelques conseils.


Oui, le confinement renforce les violences intrafamiliales. En Chine, elles auraient triplé depuis le début du confinement. En Italie, en Espagne et en France, ces violences ont déjà culminé dans des féminicides ces dernières semaines. En France, selon le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, les signalements pour violences conjugales ont augmenté de « 32 % en zone de gendarmerie » et de « 36 % à Paris » depuis le début du confinement.

Confinées avec une personne violente Des données qui inquiètent les associations de protection des femmes et enfants victimes de violences domestiques. Depuis le premier week-end de confinement, les interventions des services de police pour des faits de violences conjugales se multiplient partout dans le pays. Dans les Yvelines, à Trappes, Versailles, Limay, l’Étang-la-ville, Achères ou encore Port-Marly, le nombre de violences ne cesse d’augmenter. En Indre-et-Loire, deux condamnations pour des faits de violences intrafamiliales ont déjà été prononcées. Dans le Lot-et-Garonne, à Bouglon, une femme en confinement est récemment décédée sous les coups de son conjoint.

« Le confinement est une mesure aggravante de leur situation de victime. Elles sont surexposées aux violences et ne disposent plus du temps, de l’espace nécessaire pour prendre la fuite ou appeler à l’aide », explique Caroline Chau, présidente de l’association pour l’accueil des femmes en difficulté (Apafed).

En permanence confinées avec les acteurs de violences, les victimes n’ont plus l’intimité nécessaire pour appeler à l’aide. Depuis le début du confinement, le volume d’appels sur le numéro national d’urgence pour les victimes de violences conjugales, 3919, a ainsi drastiquement baissé.

Pour prévenir les violences, des dispositifs renforcés Conscient du problème, le gouvernement a récemment rappelé que sa plateforme Arrêtons les violences, toujours disponible, permet d’alerter discrètement les services de police. Avec le numéro 17, elle est le canal à privilégier pour se protéger des dangers. Le parquet est aussi mobilisé pour intervenir le plus rapidement possible. Pour rappel, selon l’article 220-1 du Code civil, si les forces de l’ordre interviennent à la suite d’un signalement de violences conjugales, la loi prévoit que « le conjoint violent soit évincé du domicile ». Les femmes victimes de violences ont également la possibilité de « donner l’alerte directement dans les pharmacies », selon les annonces de Christophe Castaner. Sur le terrain, les associations continuent elles aussi d’agir. L’ Apafed , localisée à Bordeaux et sa région, maintient ses missions d’accueil et d’hébergement. À Tours, l'association France Victimes 37 prend en charge 24h/24 les victimes de violences conjugales, femmes et enfants. De son côté, Women Safe&Children maintient sa permanence téléphonique et continue à agir auprès de femmes et enfants, quel que soit le lieu où les violences sont perpétrées et quel que soit la forme de violence subie : son organisation pluridisciplinaire s’est mise en télétravail pour écouter et venir en aide aux victimes tant d’un point de vue psychologique, juridique, sociale que de la santé. Ses nombreux correspondants prendront le relai si nécessaire, selon le territoire d’origine de la victime.

Il n’est pas interdit de demander de l’aide, ni de fuir Enfin, les associations recommandent aux victimes de garder un lien avec leur famille et ami∙es, de ne pas hésiter à se renseigner sur leurs droits. Elles appellent en outre à la solidarité et à la vigilance entre voisins.


Rédaction : Animal Pensant, en partenariat avec Women Safe


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